Monthly Archives: April 2010

Du Sud au Nord en passant par le centre rouge : traverser le désert “touristique” !

En route vers le gros caillou

Après des semaines, planqués “au frais”, il était temps de partir dans le désert où la météo redevient tolérable fin mars. Au programme, 1200 kilomètres jusqu’au centre, 800 kilomètres de détour à l’Ouest du centre pour voir Uluru et Kings Canyon, puis Alice Springs pour recharger notre frigo. Puis de nouveau 1500 kilomètres pour aller jusqu’à Darwin, le Top End. Sur la route d’Ayers Rock, nous avons croisé beaucoup de campging cars et de vans, plus qu’en South Australia. La route est donc très touristique, même si c’est en plein désert, ce qui était d’ailleurs un peu rassurant en cas de panne ou de problème.

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C’est parti pour le désert !

On avait chargé la voiture comme un mulet : en eau, nourriture, gaz, produits anti-moustiques, crème solaire et réservoir d’essence au max, “On The Road Again” !! Cela a bien commencé, à peine sortis de la ville, on s’est collé un convoi exceptionnel devant nous : deux Road Trains “OVER SIZE” qui transportaient des préfabriqués. Ils étaient escortés par deux pick up 1km devant, un à l’arrière plus la police spéciale convoi, qui nous a d’ailleurs fait signe de doubler le convoi une fois la route droite et dégagée. C’était impressionant de dépasser des véhicules prenant les 3/4 de la largeur de la route. Je vous laisse imaginer le bazard quand les Road Trains classiques (camions avec jusqu’à 4 remorques) qui venaient de l’autre sens devaient s’arrêter sur le bas côté de la route (pas de bande d’arrêt d’urgence) pour laisser passer le convoi. Sinon, on est aussi passé à côté d’une zone dite interdite à cause des essais nucléaires faits dans le désert dans les années 60 par les britanniques.

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Coober Pedy

Après une journée et 500 kilomètres de route. nous sommes arrivés à Coober Pedy. Le nom de la ville provient de l’expression aborigène : “terrier de l’homme blanc”. C’est la capitale mondiale de l’opale : 85% de l’opale est extraite ici. Premières impressions (les seules qu’on a eu d’ailleurs), ville fantôme, loin de tout, beaucoup de sable, de mines, très peu de végétation. On ressent ce que le mot aride veut dire. La spécialité locale est les dugout, habitats souterrains creusés dans la roche pour rester au frais. Les habitants vivent de la mine et du tourisme. Nous ne sommes pas restés longtemps dans cette ville à cause de la chaleur et des mouches.

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Uluru, ou Ayers Rock pour les anglosaxons

Nous étions maintenant dans le Northern Territory. Nous avons trouvé un camping gratuit à 100 kilomètres d’Uluru avec douches ce qui était parfait. On a juste eu des soucis avec la faune locale … Un émeu pas farouche du tout a rodé autour de notre campement et a attaqué un paquet de pâtes qu’il a éventré. Il a aussi failli avaler un couteau. Très con ces bêtes là ! La nuit, ce fût la tente qui a eu des ennuis, une toute petite souris s’est infiltrée dedans en rongeant la moustiquaire mais sans trouver de nourriture (on laisse tout dans la voiture même emballé). Elle s’est vite évadée quand on a ouvert la tente le matin.

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Uluru était très impressionant, même si nous avions déjà vu beaucoup de photos avant. Première surprise à l’arrivée sur le site d’Uluru, il fallait payer 25$ par personne pour avoir un pass valide 3 jours. Un peu cher tout de même ! Mais après avoir fait autant de route, on ne pouvait pas ne pas le faire. Uluru est en terre aborigène et est gérée par la communauté. C’est une terre sacrée. On ne doit normalement pas prendre de photos ni monter dessus. Une partie du rocher est quand même aménagée pour l’escalader et le panneau d’interdiction y est planté sur cette partie ce qui est curieux. Nous avons fait le tour d’Uluru, visité le centre culturel aborigène qui explique comment ils vivent dans le désert, et enfin nous avons vu les Olgas (Kata Tjuta en aborigène), ce sont 36 formations rocheuses comme Uluru mais en plus petit. Enfin, pour repartir, nous avons fait le plein avec de l’Opal Unleaded (d’habitude c’est juste Unleaded) qui est une essence inodore “non sniffable” qui permet de lutter contre une forme de toxicomanie touchant une partie de la communauté aborigène qui prennait l’habitude de sniffer les vapeurs d’essence. 30% de la population du Northern Territory est aborigène.

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Kings Canyon

Notre coup de coeur du désert, magnifique, grandiose et gratuit ! À ne surtout pas manquer. La ballade qu’on a faite à l’intérieur du canyon a duré 2h20, avec au milieu une piscine naturelle nommée “garden of eden”. C’était surréaliste de voir autant de verdure au beau milieu du canyon sec et rouge. On a préféré ce site à Uluru mais on vous laisse juger avec les photos.

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Alice Springs et MacDonnell Ranges

Nous ne sommes pas restés longtemps dans la région, nous avons juste dormi dans le parc national des MacDonnell Ranges et fait nos courses au Woolworth d’Alice Springs, ville qui ne nous a pas trop captivé. Petite curiosté mais pas des moindres, cette grosse ville vu sa localisation (26 000 habitants) au milieu de nulle part est très proche de Pine Gap, une base de la CIA….

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Vers le Top End

Après avoir refait le plein en eau et nourriture à Alice Springs, nous étions près à attaquer le reste du chemin jusqu’à Darwin. Il n’y avait pas grand chose à voir pendant ces 1500 autres kilomètres et les aires de repos étaient bien moins remplies. C’est sur cette route qu’on a dépassé le tropique du Capricorne. On a bien ressenti la différence dès notre première nuit en zone tropicale : air chaud et très humide, même la nuit ! Dur dur avec les moustiques. Cela ne s’est pas arrangé en montant tout au Nord, mais on vous racontera tout cela dans un prochain article :)

Flinders Ranges et Port Augusta

Dernière pause avant le départ dans le désert

Port Augusta

P1050626.JPGSituée à la croisée des chemins entre l’Est, l’Ouest et le Nord du pays, Port Augusta est un peu le 93 australien d’après la description de notre hôte : la ville a mauvaise réputation. Elle possède un pourcentage important d’exclus connaissant des problèmes tels que la pauvreté, le chômage, l’alcoolisme, la toxicomanie et la délinquance. De plus, une des plus grosses prisons australiennes à l’entrée de la ville ne l’aide pas à redorer son blason… C’est aussi la première ville où on a vu des aborigènes vivant en ville, la plupart vivent dans des territoires aborigènes, en milieu rural.

Voilà pour l’intro pas très joyeuse mais tout de même intéressante sur la question aborigène. Notre séjour dans cette ville s’est très bien passé, notre hôte, Michael, était vraiment très sympa. Il est administrateur réseau dans une école de Port Augusta le jour, et DJ la nuit. Il utilise d’ailleurs un logiciel français apparemment connu pour mixer : Virtual DJ. Il était curieux sur la France et l’Europe qu’il va bientôt visiter. Il nous a aussi emmené marcher avec lui dans un sentier de randonnée mais celui-ci était fermé car trop dangereux à cause de la chaleur et des “bushfires”. On a d’ailleurs halluciné en le voyant partir faire son footing à 17h avec 35 degrés dehors. On lui a fait goûté des crêpes qu’il a savouré en mettant de la confiture ET du sucre (dans la même crêpe :D). Petite anecdote : à l’apéro, on lui avait fait des crackers avec du “Nuage Blanc”, un fromage crémeux au lait de vache (du fromage avec un peu de goût quoi) et il a été très étonné et trouvé cela “interesting” et trop fort pour lui, alors qu’on l’avait acheté à Woolworths, le Auchan australien. Les Australiens ne sont décidément pas fromage ;p

Comme nous a dit Michael, il n’y a pas grand chose à voir à Port Augusta. Mais cette ville est quand même située près d’un très beau parc national : le Flinders Ranges National Park.

Flinders Ranges National Park

Que dire sur ce parc national à part les beaux sentiers de randonnée et les kangourous ?

Et bien il y avait un amphithéâtre montagneux : le Wilpena Pound, des lézards avec un air d’une autre ère et des peintures rupestres aborigènes. Les photos en diront plus.

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À bientôt pour l’article sur le désert :) (l’Outback comme on dit ici)

South Australia, Part III : Péninsules à l’Ouest d’Adelaïde

En attendant le désert

Comme nous avons décidé de ne pas aller jusqu’à Perth, nous devions attendre Avril pour aller dans le Nord car avant, c’est très hostile : tempêtes tropicales, orages et cyclones, sans parler du désert à traverser qui est très chaud. Conclusion : nous avons décidé d’explorer et de prendre notre temps en South Australia près de la côte. Au programme, les deux péninsules à l’Ouest d’Adélaïde.

Yorke Peninsula

C’est la plus petite des péninsules. L’attraction principale est le Innes National Park, ancien site d’extraction minier de gypse fermé dans les années 1900. Il se situe au bout de la péninsule, nous avons donc passé une nuit au bord de la côte Est près d’un champs d’éoliennes. On en n’avait jamais vu d’aussi près. Cela faisait comme ci il y avait en permanence des avions qui volaient loin de nous. Parenthèse énergétique d’ailleurs, on a appris avec notre couch surfer de Port Augusta que l’Australie utilise beaucoup l’énergie renouvelable (solaire, éolienne, et depuis peu en test l’énergie des vagues de la mer) et n’a pas de centrale nucléaire. Mais elle exporte énormément d’uranium tout en refusant de récupérer les déchets et de les enterrer dans le désert. Fin de parenthèse.

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Dans ce très beau parc, rien de nouveau : ballades, kangourous, ballades et émeus bronzant sur la plage. On a quand même vu un serpent traversant la route en dehors des clous. On l’a d’ailleurs dénoncé aux Rangers et relevé ces écailles d’identité. Non je plaisante, Christie a juste crié et pilé comme si le serpent allait ouvrir la portière de la voiture pour nous gober (serpent noir d’une soixantaine de centimètres de longueur et 7 ou 8 de diamètre. Lors d’une autre ballade, en marchant en haut d’une falaise vers un phare, j’ai dit “il n’y a rien à voir ici”, c’était sec et rocheux, mais “à ce moment là” précisément, Christie a sursauté : on a vu un autre lézard bizarre “pokémon” ;) Les plages étaient magnifiques mais on ne pouvait pas se baigner, “trop dangereux” ;) On est resté un jour ou deux et ensuite on est partis vers l’autre péninsule, le reste de celle-ci n’étant que petites villes sans grand intérêt.

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L’Est de l’Eyre Peninsula

Sur la route vers Eyre Peninsula, nous nous sommes arrêtés dans le Mount Remarkable National Park. On a fait une halte de deux jours car le camping avait un point d’eau et des douches. Il faisait trop chaud donc on s’est planqué à l’ombre avant d’aller sur la péninsule. On a vu des émeus de très près et des kangourous “comme d’hab”. On a pris notre temps et subi les mouches…grrr. Mais on ne se plaint pas, il n’y a pas que des avantages à vivre dehors. La nuit a été chaude on a dormi les portes de la voiture ouvertes avec la langue par terre, le lendemain on était un peu à la ramasse mais on n’avait rien à faire donc pas grave….

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Voilà, ensuite route vers Whyalla en passant par Port Augusta (où nous retournerons par la suite), beaucoup beaucoup de vent pour ne pas dire une tempête. On a été dans les terres pour camper mais c’était toujours aussi ventilé, je dirais au moins 70 km/h…ensuite on a vu les criques connues mais on n’a pas pu se baigner, c’est le paradoxe australien : plein de plages mais aussi plein de risques si on se baigne : trop de vagues, de courant ou des bestioles qu’il vaut mieux pas croiser dans l’eau, fraîche soit dit en passant. Nous sommes descendus à Port Lincoln, allés dans le parc national et campé pendant 3 jours, au bord de l’eau, c’était magnifique. Le soir, spectacle des oiseaux marins : pélicans, mouettes et albatros qui viennent faire une pause quand la mer descend, couchers de soleil spectaculaires avec des couleurs vives et somptueuses…

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Couch Surfing à Port Lincoln

On a couch surfé à Port Lincoln ensuite pour 2 nuits. Nous avons rencontré Francis et Jan, la cinquantaine, leur famille est en Australie depuis au moins 3 générations et originaires de Broken Hill. Ce sont des jeunes grands-parents. Un soir, ils nous ont invité à manger une glace au MacDo pour ensuite nous emmener dans les hauteurs de la ville pour la voir de nuit. Très joli mais venteux. On a profité d’être en dur pour bien manger et goûter les fruits de mer et du poisson (crevettes, moules et saumon fumé) car c’est la capitale australienne pour ça. On a aussi enfin trouvé une solution pour notre coffre qui se refermait tout seul en achetant une pince à vis à 12$, ça nous a changé la vie !

Vers les Gawler Ranges

Sur la côte Ouest, nous sommes passés à Vénus Bay avec encore des pélicans et des cormorans. Dans le coin, on a aussi croisé des lions de mer et des formations volcaniques intéressantes.

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Puis, nous avons traversé les Gawler Ranges, zone très intermédiaire au niveau faune et flore ainsi qu’au niveau de la géologie (pays du granite). Le parc est près de la mer mais aussi du désert donc le paysage était fascinant. On a vu un wallabi des rochers et une colonie de kangourous qui traversait la route ou plutôt la piste, c’était comme un safari et on était tout seul, superbe :)

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Après ce parc national, nous sommes revenus sur Port Augusta, ville à la croisée des chemins où nous attendait un autre hôte Couch Surfer, Michael.

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